Loi sur le séparatisme : un vent mauvais souffle sur l’Assemblée Nationale

mercredi 17 février 2021
par  Charles Hoareau
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Ainsi donc la 1re étape du vote d’une loi qui nous ramène plus de 80 ans en arrière a été franchie. Comment qualifier cette loi autrement que par le terme de fascisante et excluante pour les gens de France qui sont d’une religion autre que la religion officielle pour ne pas les nommer « français-musulmans » comme au temps béni des colonies.

Derrière tout arabe ou noir il y a un musulman qui sommeille et derrière lui un terroriste bien sûr ! Heureusement que nous en tant que preux chevaliers de la loi, de la démocratie et de la religion raisonnable, nous mobilisons 30 000 soldats en Afrique en particulier au Sahel puisque c’est bien connu les noirs sont des sauvages qui ne savent pas se débrouiller tout seuls.
C’est comme cela que l’on compte régler les problèmes de l’Afrique et du Moyen Orient qui paient le plus lourd tribut au djihadisme ?

Les députés LR n’ont pas voté POUR cette loi car comme le dit l’une d’entre eux « Nous espérions une loi puissante érigée contre le séparatisme islamiste ». Cela veut dire quoi ? Il aurait fallu que la loi appelle au retour des croisades ?

Et cette ministre Frédérique VIDAL qui parle d‘universités « gangrénées par l’islamo-gauchisme » elle veut quoi ? Donner des gages de respectabilité et un « brevet de droit à la gouvernance » aux « extrêmes-réactionnaires » du RN ou espère-t-elle, avec ses copains et coquins, comme Sarkozy naguère, leur piquer des voix aux prochaines élections ?

Il y a peu ce concept d’islamo-gauchiste était l’apanage de la seule extrême droite, le reste des forces politiques, au moins ouvertement, soit condamnait ce terme soit ne le cautionnait pas.
Aujourd’hui il s’impose dans le débat public en France comme un vocabulaire normal.

Ce qui est déplorablement remarquable c’est que ce fait ne vient pas tant d’une diffusion des forces fascisantes qui auraient acquis un pouvoir de persuasion grandissant, mais qu’il est véhiculé par d’autres « champions de la démocratie » qui y voient là un moyen de s’attaquer à celles et ceux qui dénoncent une politique tout à la fois de classe et stigmatisante.

Toute la publicité donnée aux délires d’un prof à Trappes montre à quel point le pouvoir et les médias qui ont choisi de lui obéir, veulent une société gangrénée par la division, le racisme et l’islamophobie. Diviser pour mieux régner voilà la vieille recette appliquée d’ordinaire aux chômeurs fainéants contre « la-France-de-ceux-qui-se-lèvent-tôt », aux méritants du privé contre les « privilégiés-du-public », qui ressurgit ici pour les musulmans contre les autres. Tous les autres bien sûr, car ce sont les seuls qui posent problème, et posent tous problème. L’occident catholique n’a jamais massacré personne en 900 ans de colonisation et d’esclavage, il n’y a pas aujourd’hui dans le monde de musulmans massacrés au nom de la religion et les partisans de Trump, pays où le président jure sur la bible, sont un modèle de respect des gens différents d’eux par la couleur ou la religion.

Si l’ANC avait des députés nous aurions refusé de discuter même de cette loi d’inspiration fasciste. Le fascisme ne se combat pas avec des considérations tactiques ou stratégiques. Il y a des choses qui ne se discutent pas mais se combattent pied à pied sans reculer d’un millimètre. Entrer dans la logique de discussion article par article c’est accepter l’idée que certains seraient présentables, acceptables alors que tous sont au service d’une loi qui est à rejeter par le vote et par la rue.

Ce n’est que le 1er passage, il nous reste à renforcer ce combat contre l’obscurantisme qui sert de paravent au capitalisme qui a tué dans ce pays, dans les 30 dernières années, près de 1000 hommes et femmes, jeunes pour la plupart, dont le principal défaut était d’être noirs ou arabes.

Dans ce pays qui honore des Thiers, Bugeaud, Cavaignac et autres tortionnaires, le devoir des membres de l’ANC est d’être de tous les combats contre le racisme, la religiophobie quelle que soit la religion visée et contre le fascisme phase suprême d’un capitalisme en difficulté pour imposer ses choix.

Cela passe dans l’immédiat par notre soirée de ce jeudi 18 février autour du livre de Rachida BRAHIM, « La race tue deux fois », d’intensifier notre campagne « Plus un seul soldat français en Afrique », de donner à Marseille (et ailleurs) un maximum d’écho à la pétition pour que soient débaptisées les rues à la mémoire d’hommes qui sont des hontes de l’humanité, à mobiliser pour le contre-sommet France-Afrique de l’été prochain et bien sûr combattre dans la rue les prochaines étapes du passage de la loi que la droite rêve de renforcer encore au Sénat.


En médaillon, 80 ans séparent ces deux titres...



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