Désobéissons !

jeudi 4 mars 2021
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Ôtez-moi d’un doute.
Est-ce qu’on nous prend pour des imbéciles ?
Est-ce qu’on nous infantilise ?
Au début, comme beaucoup d’entre-nous, pour ne pas déranger, j’ai patienté.
À la maison, tentant de ne pas perdre notre temps, protégeant nos familles et prenant soin de nos proches…

Nous avons attendu.

Attendu que le gouvernement prenne les mesures nécessaires.
Attendu qu’il nous fasse parvenir masques, tests et autres matériels « essentiels ».
Attendu que les chercheurs cherchent…et trouvent.
Et puis l’épidémie s’est atténuée…
Le printemps est revenu.
Ma première sortie en manif, entourée par les syndicats, fut celle du 16 juin 2020 aux côtés des soignants et des soignantes. Quelles étaient les revendications ? L’une d’entre elles était : plus de lits pour ne pas être à nouveau re-confinés. La suite nous la connaissons, nous la vivons.
Une valse incessante entre confinement et couvre-feu.
Sortie de cette folie, de cette mise sous cloche, comme d’autres je réfléchis.
Un an après, toujours pas plus de lit en réanimation dans nos hôpitaux malgré « l’engagement ferme » du gouvernement d’en tripler le nombre. Des ouvertures et des fermetures de commerces selon la période propice ou non à l’enrichissement du capital."
En attendant la « culture » patiente….
Depuis le 5 décembre 2020, les salles de ventes aux enchères s’offrent aux gourmandises de leur public, alors que les cinémas et les théâtres sont interdits aux spectateurs et spectatrices.
Les seuls spectacles vivants autorisés sont les cérémonies religieuses.
On peut s’entasser dans les supermarchés et dans transports en communs mais pas se lover dans un fauteuil de salle obscure ou chanter en chœur dans la rue.
« L’exception française », les enfants gâtés du système politique bourgeois, celles et ceux qui bénéficient de « l’année blanche » [1] moisissent dans la précarité.
Et que dire de celles et ceux qui n’en bénéficient même pas !
En décembre 2020, jouer pour des enfants à l’occasion d’un arbre de Noël devient un acte de résistance.
Les grosses structures subventionnées continuent de recevoir leurs subventions pendant que les autres, les « sans subventions » s’éteignent petit à petit. Telles les grenouilles dans la marmite, elles agonisent à feu doux. Privée d’emploi. Interdite de travailler.
Alors oui nous pouvons créer et répéter, mais qui finance toutes ces journées de recherche ?
Qui finance les salaires de ces artistes et de ces techniciens ?
Nos syndicats ont interpelé et réfléchi à la question, le gouvernement a été clair : c’est NON ! Pas de financement.
Il y a pire que nous, soit, mais est-ce une raison pour nous taire et patienter ? « Profiter » de nos indemnités et attendre encore ? Les grands bonds de l’histoire ne sont qu’irruptions de l’impatience.
Cessons d’attendre !
Exigeons toujours plus pour qu’un maximum de personnes ne soient pas laissées de côté.
Arrachons nos camisoles, sortons de nos cloches, demandons plus de lits.
Arrachons des logements pour les sans-logis, du travail pour les sans emploi.
Jouons dans les vitrines, envahissons les jardins, soyons visibles.
Interdisons à ce gouvernement de laisser la possibilité à sa seule élite de « faire la bamboche » pendant que le peuple trime. Les petites compagnies n’ont pas accès à leurs scènes dites nationales, le peuple n’a pas de passe-droit pour assister à leurs spectacles.
Karl Marx disait justement "Un homme qui ne dispose d’aucun loisir, dont la vie tout entière est accaparée par son travail pour le capitaliste, est moins qu’une bête de somme. C’est une simple machine à produire de la richesse pour autrui, écrasée physiquement et abrutie intellectuellement."

Désobéissons, construisons et inventons des solutions pour le bonheur et la liberté !
JCB
Paris, le 4 mars 2021.


[1NDLR dispositif annoncé comme un miracle pour la culture par le gouvernement dont la mesure phare est la prolongation du droit au chômage des intermittents !!!



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