Le temps du désenchantement

vendredi 23 juillet 2010
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Après la chute de l’URSS ce devait être le paradis retrouvé. A Sofia on se prenait à croire à « l’avenir radieux » comme dirait le KKE. Il n’a même pas fallu 4 ans pour que les bulgares déchantent...Et il y a fort à parier que ce n’est pas fini et dans bien d’autres domaines...

En un peu moins de quatre ans au sein de l’Union européenne, la vie des Bulgares n’a pas fondamentalement changé. Depuis le 1er janvier 2007, la Bulgarie n’a pas vu son niveau de vie augmenter, elle n’a pas bénéficié d’une nouvelle position dans le monde, ni de nouvelles autoroutes, et encore moins d’un nouvel ordre social et moral. En revanche, nous avons un nouveau rapport de Bruxelles : le quatrième, qui a la particularité d’être un peu meilleur que le précédent...

Une chose doit être claire : les encouragements de la Commission – qui constate que nous avons « la volonté de nous en sortir » – sont loin des attentes du Bulgare vis-à-vis de l’adhésion à l’Union européenne.

La démarche de Bruxelles porte un nom technique : c’est le fameux « mécanisme de coopération et de vérification » (MCV), qui permet à la Commission de mesurer la progression de notre Etat vers les normes du Vieux Continent, notamment dans les domaines de la justice et de la police.

Ce mécanisme est une sorte de mal nécessaire. Nécessaire parce que, sans lui, nous ne serions pas membres de l’Union européenne aujourd’hui. Mais c’est aussi un mal, parce qu’il s’agit d’une mesure humiliante envers notre Etat. Même si ce mécanisme ne limite pas formellement la Bulgarie en tant que pays membre, il laisse la porte ouverte aux sanctions et autres blocages de fonds structurels, comme cela s’est produit il y a deux ans avec le gel de plusieurs centaines de millions d’euros d’aides européennes. Depuis six mois, l’Union européenne ne peut plus appliquer la clause de sauvegarde envers Bucarest et Sofia, car la période de deux ans pendant laquelle cette sanction était possible a expiré. Le mécanisme de contrôle et de surveillance reste, lui, toujours valable. Et il fait de la Bulgarie et de la Roumanie des cibles faciles de la Commission comme de n’importe quel autre pays membre. Quand donc les Bulgares et les Roumains ne dépendront-ils plus de ce mécanisme humiliant ? Seule une poignée de technocrates à Bruxelles possèdent la réponse.

Formellement, ce mécanisme est légal ; il fait partie des négociations d’adhésion des deux pays et, en tant que tel, il a été accepté par Bucarest et par Sofia. Mais à chaque nouveau scandale de corruption et de conflits d’intérêts qui éclate dans les pays de la Vieille Europe, il devient de plus en plus difficile de justifier ce monitoring mortifiant à l’égard des deux derniers membres de l’UE. Sans parler de ce qui se passe en Grèce. Début juillet, l’organisation Transparency International a estimé à 800 millions d’euros les pots-de-vin que les Grecs versent tous les ans à leurs administrateurs. Pourquoi alors s’en prendre aux seuls Bulgares et Roumains ?

Si vous posez la question à la Commission, on vous répondra que le mécanisme restera en vigueur tant qu’il y aura des problèmes. Mais il semblerait que c’est l’inverse : les problèmes dureront tant que ce mécanisme sera en place. Parce qu’il humilie ceux qu’il est censé protéger et au nom desquels il a été créé. Et parce que ce mécanisme fait des Bulgares des Européens de seconde zone. S’il y a un sujet sur lequel il devrait y avoir un consensus national en Bulgarie, c’est bien sur la suppression immédiate du mécanisme de coopération et de vérification de l’Union européenne. A bas ce mécanisme !

Par Vesselin Jelev dans Trud le 21/07/2010

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