Pollueurs d’Afrique.

mercredi 20 septembre 2006
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- C’est l’histoire scandaleuse de gangsters qui enfreignent les lois et qui abusent du pauvre monde.

- C’est l’histoire d’une mondialisation au visage affreux, celle du laisser-faire pour les loups dans la bergerie.

- C’est l’histoire honteuse d’une Europe qui pollue l’Afrique.

- C’est une histoire qui doit avoir des suites judiciaires, administratives, politiques.

Un bateau chimiquier, le Probo-Koala, navire immatriculé au Panama, appartenant à une compagnie grecque, a déchargé, le 19 août, 581 tonnes de déchets toxiques dans le port d’Abidjan, en Côte d’Ivoire.

Le bateau est affrété par un trader pétrolier, Trafigura Beheer BV, immatriculé aux Pays-Bas pour des raisons fiscales, mais dont le véritable siège est à Lucerne, en Suisse.

A Abidjan, la compagnie Puma Energy, filiale de Trafigura, prend contact avec un intermédiaire, la société Waibs, qui conseille de faire affaire avec la société Tommy, agréée depuis seulement le 12 juillet.
Celle-ci se charge de l’épandage des produits dans une dizaine de décharges autour de la capitale économique ivoirienne.

- La population est immédiatement fortement incommodée puis intoxiquée.

- Des milliers de personnes souffrent d’asphyxie.

- On compte six morts.

L’Europe s’émeut, envoie des experts.

Ils demandent l’évacuation immédiate des déchets.

DE QUOI SONT FAITS CES DECHETS ?

Trafigura a, semble-t-il, expliqué qu’il s’agissait de déchets maritimes, des boues qui restent au fond des cales.

Ces « slops » font l’objet d’une convention internationale dite Marpol, qui interdit désormais de les jeter en mer.
Ils sont toutefois exportables pour être retraités dans des installations adéquates.

Mais on soupçonne fort Trafigura d’avoir menti et de s’être débarassée en Afrique de résidus provenant de stockages industriels en Europe.

- Ces déchets, selon la convention de Bâle, doivent être retraités au plus près et ne peuvent être exportés sans vérification de destination.

Des enquêtes sont en cours.

En Côte d’Ivoire, sept personnes ont été arrêtées.

Au Pays-Bas, les inspecteurs cherchent les responsables qui ont laissé partir un navire sans vérifier le contenu réel de ses soutes.

- Trafigura est accusée d’être impliquée dans le scandale du programme onusien « Pétrole contre nourriture » en Irak.

L’entreprise aurait versé des commissions, notamment au fils de Kofi Annan.

Cette société fait aussi l’objet d’accusations en Afrique du Sud et au Congo.

La justice devra s’exercer avec fermeté contre les pollueurs de l’Afrique.

Mais l’Europe ne peut se satisfaire de voir la convention de Bâle détournée.

Il est temps de mettre de l’ordre dans ces secteurs de transport ou vivent intermédiaires, armateurs et traders que l’on soupçonne de comportements troubles mais qu’on laisse faire en toute impunité.

Art trouvé dans : « Le Monde ».

Transmis par Linsay.

On ne peut que se réjouir de lire un article qui s’émeuve de la situation faite à l’Afrique. Et nous avons envie de dire au journal Le Monde dont nous n’avons pas oublié certains de ses articles entre autres sur la grève de la SNCM qu’il faut être cohérent.

A la prochaine action des marins contre les pavillons de complaisance il ne faudra pas parler de privilégiés ou de ringards...Et quand nous posons la question de la maitrise par les peuples - et non par des multinationales sans scrupules et incontrolables - du transport maritime, aérien et routier, au delà du droit au transport il y a aussi la question de l’écologie...



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