GOUVERNEMENT : Tout changer pour que rien ne change !

mercredi 2 avril 2014
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Nous voilà donc au pied du mur : le « changement » annoncé n’a pas eu lieu. Conséquences directes : un refus de vote grandissant, une déculottée magistrale des partis dit de la gauche de gouvernement et l’arrivée en fanfare du FN. Et le Président François Hollande, qui prétend avoir compris la leçon des urnes, s’empresse de nommer un premier ministre qui ressemble comme deux gouttes d’eau à ... Nicolas Sarkozy.

Aux apôtres du « sortons de l’immobilisme », du « le changement ou le chaos », du « il faut réformer », pour lesquels, le changement et la réforme sont une fin en soi, méditons cette phrase de l’auteur italien Lampedusa dans le Guépard (le livre et le film) : « il faut que tout change pour que rien ne change ». En l’occurrence, il fallait que l’aristocratie italienne accepte une forme de révolution, accepte de perdre apparemment son pouvoir, pour conserver la réalité de celui-ci. Et l’histoire lui a donné raison.

En définitive, la réforme et le changement peuvent être le comble du conservatisme.

En effet, si vous tournez quatre fois à droite (ça marche aussi avec la gauche mais c’est beaucoup plus rare) vous vous retrouvez immanquablement dans la même direction. C’est exactement ce que vient de faire le Président de la république. Au lieu d’interpréter les résultats des élections et surtout l’importante croissance des abstentions comme un « déficit de propositions véritablement de gauche », le voilà qui nomme un Manuel Valls [1] ultra libéral qui ressemble à s’y méprendre à Nicolas Sarkozy. [2]

François Hollande a donc fait semblant de changer pour que rien ne change dans sa politique envers les riches (les aristocrates d’autrefois) et faire le jeu des banquiers cosmopolites et corrompus.

Ce qui nous attend : Du jamais vu !

Et comme il n’a donc pas été question de changer d’attitude vis a vis de l’Union Européenne et de ses oukases, force est de constater que la fin de l’austérité n’est pas à l’ordre du jour de ce nouveau gouvernement.

D’autant que sa première tâche sera de trouver 50 milliards d’euros d’économies sur la période 2015-2017. C’est la contrepartie promise aux 30 milliards en vertu du soi-disant abaissement du coût du travail (comme si le travail qui est le seul moyen de créer des richesses était un coût !!) consentis aux entreprises dans le cadre du pacte de responsabilité. C’est une somme énorme ! Répartis sur trois ans, cela correspond donc à baisser les dépenses de l’Etat de 1,4 % chaque année. Du jamais vu !

L’Etat rognera donc comme d’habitude sur les principaux postes budgétaires. Il réduira en particulier sensiblement son aide aux collectivités locales, sur lesquelles pèsera une part importante de l’ajustement. Les saliares des fonctionnaires devrait aussi être gelée jusqu’en 2017, ce qui, venant après des années de vache maigre, ne devrait guère faciliter leur mobilisation au service de la modernisation de l’Ètat.

Comme cette "politique du rabot", dont Nicolas Sarkozy avait déjà abusé, ne suffira pas, le gouvernement devrait tenter des réformes plus structurelles. Un peu à la manière énergique de Matteo Renzi, le nouveau président du Conseil italien. François Hollande pourrait être tenté de réorganiser la distribution des aides sociales. Il devrait proposer aussi de fusionner des régions, et de fondre certains départements dans des communautés d’agglomération pour faire des économies. Au vu des résultats des élections municipales, il n’est cependant pas certain qu’il dispose d’une légitimité suffisante pour aller très loin dans cette voie.

Que compte faire ce gouvernement ? Que proposent les partis de « gooche » ?

C’est aujourd’hui la question que nous devons nous poser. Notre pays compte près de 8 millions de « pauvres », 3, 8 millions de chômeurs, 3,5 millions de mal-logés, un français sur trois renonce à se soigner faute d’argent et toujours selon l’INSEE, 7% de la population active française possède des difficultés pour lire et écrire. Avez vous entendu ces problèmes évoqués par un seul des candidats aux municipales ? Il n’appartient qu’à nous et nous seuls de faire en sorte que les choses changent véritablement de fond en comble.

 [3]

Où veut-on aller ensemble ? Que voulons nous ?

Est-il besoin de rappeler que la véritable démocratie doit être le gouvernement du peuple, par le peuple et POUR LE PEUPLE ! Et là que voyons nous ? Un pouvoir de copains et de coquins, aux ordres du MEDEF, des grands groupes capitalistes internationaux et d’une organisation européenne elle même aux ordres du congrès des Etats-Unis d’Amérique.

Le samedi 12 avril prochain, à Marseille et à l’initiative de la "la bande des 16" montrons notre force et notre volonté de changement lors de la grande manifestation unitaire. Reprenons avec force notre slogan :

Tous ensemble, déterminés et unis pour l’emploi, le
maintien et le développement de nos activités, de nos
industries et du Service Public, pour la relance par les
salaires.

Comme nous l’annonçons dans notre appel du 25 mars « Plus que jamais une organisation révolutionnaire en prise avec les luttes dans les entreprises et les quartiers populaires et détachée de tout électoralisme doit émerger. C’est de notre responsabilité à chacun de nous ».

Car soyez en assurés, une autre politique est possible !

la_peniche Rouges Vifs 13


[1Au fait, aux élections municipales à Evry, “ sa ” ville, l’abstention a atteint 59% au second tour. Le Front de Gauche a réalisé près de 19%.

[2Le politologue Philippe Marlière l’avait noté en son temps :
« Manuel Valls est par atavisme un political wannabe ; celui qui se place dans la roue des puissants du moment et qui ne la lâche plus : hier Rocard, puis Jospin, ensuite Royal, brièvement Strauss-Kahn, et, tardivement, Hollande. Deuxième et Première gauche, gauche caviar, gauche New Age et gauche démocrate. Valls s’est mis au service de tout le monde, sans aucun état d’âme. Si Manuel Valls accentue toujours plus sa rhétorique droitière, c’est qu’il est persuadé qu’il s’agit d’une stratégie payante. C’est le discours que ses conseillers à Euro RSCG (l’officine des socialistes losers de la présidentielle) et les sondeurs susurrent quotidiennement à son oreille. Un nombre croissant de ses collègues au gouvernement l’a compris : Valls évolue dans le champ politique au gré de ses intérêts personnels. La balise est déjà à l’horizon : Élysée 2017. »

[3Une du journal du NPA



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