Les brèves de mai 2014

lundi 26 mai 2014
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Afghanistan : Quelque trois cents personnes ont péri dans les glissements de terrain qui ont transformé un village du nord-est de l’Afghanistan en vaste « cimetière ».Les secouristes, équipés de moyens rudimentaires, avaient peu d’espoir de retrouver des survivants après les pluies torrentielles ayant dévasté cette région pauvre, montagneuse et difficile d’accès, frontalière du Tadjikistan, de la Chine et du Pakistan.Les survivants se sont blottis sous des tentes dans la nuit glaciale après avoir reçu de l’eau et de la nourriture. Une centaine de personnes ont reçu des soins dans un hôpital de campagne établi dans un bâtiment qui a échappé au gigantesque glissement de terrain.

Afrique du sud :Le 27 avril 1994, brisant avec alacrité les chaînes de l’apartheid, cette politique de « développement séparé » des communautés, l’Afrique du Sud se rendait aux urnes pour ses premières élections multiraciales. L’espoir alors affiché était de jeter les bases d’un « Etat démocratique et inclusif, fondé sur les valeurs de la dignité humaine, du respect des droits de l’homme, de la liberté, de l’antiracisme, de l’antisexisme et de la primauté de la loi ». Alors que des élections générales se profilent le 7 mai – les cinquièmes depuis l’instauration de la démocratie – l’ombre du regretté Nelson Mandela, disparu le 5 décembre, plane sur le scrutin. Mais, bien que l’ANC de Jacob Zuma, à la tête de l’Etat depuis 2009, soit assuré d’emporter la victoire grâce à la fidélité à toute épreuve de sa base électorale – les sondages le créditent de 61 % des intentions de vote –, l’enthousiasme s’est tari. En cause, des inégalités sociales persistantes. En effet, si les modestes fruits de la croissance ont permis à la minorité blanche de s’enrichir comme jamais, la moitié de la population noire, elle, demeure privée d’emploi.

Argentine : L’Argentine est l’enfant malade de l’Amérique du Sud. Les coups d’Etat, la corruption et le libéralisme ont provoqué l’effondrement de la 5e puissance mondiale au sortir de la seconde guerre mondiale. Aujourd’hui, les fonds vautours rôdent autour de sa dépouille, alors que l’agence Moody’s a abaissé, mi-mars, de « B3 » à « Caa1 » la note de la dette argentine, en raison de l’assèchement de ses réserves de change, et que Buenos Aires a dévalué le peso de 18 % en janvier et annonce pour le premier trimestre 10% d’inflation.

Bolivie :Le président bolivien, Evo Morales, a profité jeudi des célébrations du 1er mai pour signer un décret augmentant le salaire minimum de 20 %, à 1 440 bolivianos (environ 150 euros) par mois.
Le président d’origine indienne et ancien producteur de coca, candidat à un troisième mandat lors de la présidentielle du 12 octobre, a également accordé une hausse de 10 % à tous les salariés du secteur public. Le salaire moyen dans ce pays, parmi les plus pauvres d’Amérique du Sud, frôle à peine les 430 euros par mois. Dans un discours prononcé depuis le balcon du palais présidentiel à La Paz devant des milliers d’ouvriers, paysans et fonctionnaires, le dirigeant socialiste en campagne a rappelé que « depuis que nous sommes arrivés [au pouvoir, en 2006], toutes les augmentations de salaires doivent être supérieures à l’inflation », de l’ordre de 6 % cette année.

Centrafrique : L’attaque perpétrée samedi 26 avril à Boguila, dans l’enceinte même d’un hôpital géré par Médecins sans frontières (MSF), résonne comme un sinistre rappel de l’insécurité qui perdure en République centrafricaine. Selon le bilan établit par MSF, seize personnes ont été assassinées, dont trois employés locaux de l’organisation, et six autres ont été blessées.Si le général Mohamed Dhaffane, le nouveau président de la Séléka, rejette toute implication d’éléments sous ses ordres dans cette tuerie, selon plusieurs sources les assaillants étaient bien des membres de l’ex-coalition rebelle qui les jours précédant cette attaque se sont rendus coupables d’exactions dans les localités environnantes. Depuis qu’elle a abandonné le pouvoir le 10 janvier, sous la pression internationale, la Séléka s’est atomisée, les multiples chefs de guerre qui la compose se sont autonomisés.

Cuba : Un vertige s’est emparé des dirigeants cubains lorsque la contestation du gouvernement de Nicolas Maduro a pris de l’ampleur au Venezuela. Les Cubains, étonnés ou réjouis, peuvent suivre sur leur écran de télévision les épisodes de la crise politique à Caracas tels que les diffuse la chaîne Telesur. Au-delà de l’impact politique qu’aurait la défaite d’un pouvoir ami, l’économie cubaine dépend en effet lourdement du pétrole vénézuélien (Caracas en livre environ 80 000 barils par jour, même si les livraisons ont déjà accusé une baisse de 20 % à 30 % en 2013). Cette manne est concédée à des conditions privilégiées, puisqu’elle est payée par l’envoi de milliers de coopérants cubains, en majorité des personnels de santé. Les échanges avec le Venezuela représentent près de 20 % du PIB du pays.

Égypte :.La campagne électorale pour la présidentielle en Egypte, pour laquelle l’ancien chef de l’armée Abdel Fatah Al-Sissi est donné comme le grand favori, s’est ouverte samedi 3 mai sur fond de nouveaux attentats et de répression des islamistes. Samedi matin, 102 partisans du président destitué Mohamed Morsi ont ainsi été condamnés à dix ans de prison pour leur participation à des manifestations violentes. Le scrutin, prévu les 26 et 27, mai doit doter le plus peuplé des pays arabes d’un nouveau président, onze mois après l’éviction par l’armée du premier chef d’Etat du pays élu démocratiquement, l’islamiste Mohamed Morsi. Depuis cette destitution, les Frères musulmans de M. Morsi, première force politique organisée du pays et vainqueurs de toutes les élections depuis la révolte de 2011, subissent une répression impitoyable.

Guinée : L’épidémie de fièvre hémorragique en partie due au virus Ebola, qui a fait plus de 100 morts en Guinée depuis janvier, serait désormais « sous contrôle », selon le ministère des affaires étrangères guinéen. Des mesures strictes ont été prises pour empêcher l’extension de la maladie, incluant des contrôles sanitaires spécifiques pour toute personne entrant sur le territoire guinéen ou en sortant. Depuis le début de l’année, 168 cas de fièvre hémorragique, dont 106 mortels, ont été recensés dans le pays. Sur ces 168 cas, 71 ont été confirmés par des analyses en laboratoire comme étant dus à Ebola. Le virus, hautement contagieux, s’est propagé au Liberia voisin, où cinq cas ont été confirmés sur 25 cas suspects de fièvre hémorragique, dont 12 mortels, d’après les derniers chiffres du gouvernement libérien.

Inde :Il fallait aux nationalistes hindous du BJP 272 sièges pour avoir la majorité absolue et ne pas avoir à gouverner avec une coalition gouvernementale. Le 16 mai, ils ont obtenu 282 sièges, tandis que le Congrès, au pouvoir depuis 2004 et très décrié pour sa corruption et la main mise dynastique de la famille Gandhi sur le parti, n’en a obtenu que 44. Narendra Modi, très charismatique extrémiste aux tendances autocratiques qui a voulu mettre en avant ses aspirations pro-business, sera donc le prochain Premier ministre.

Irak :Vingt soldats irakiens ont été enlevés et abattus par des insurgés dans le nord du pays en proie à une spirale de violences depuis plusieurs mois. Les insurgés, nombreux, ont pénétré en convoi sur la base militaire où étaient stationnés ces soldats et les ont enlevés. Leurs corps ont été retrouvés une heure aprés. La veille, l’armée irakienne avait lancé une offensive sur Fallouja, ville à l’ouest de Bagdad détenue par les insurgés, faisant onze morts et vingt blessés.Si les forces de sécurité sont régulièrement prises pour cible en Irak, il est rare qu’un si grand nombre de soldats soient tués en même temps. Ces meurtres interviennent alors que le pays ne parvient pas à sortir d’une spirale de violences qui tue en moyenne vingt-cinq Irakiens chaque jour. Beau résultat de l’intervention occidentale.

Kenya :Au moins trois personnes ont été tuées et une quinzaine blessées, samedi 3 mai, par deux attentats à l’explosif survenus dans le port kényan de Mombasa, ont indiqué des responsables. Mombasa, deuxième ville du pays située sur l’Océan Indien, très majoritairement musulmane et l’une des principales entrées vers l’Afrique de l’Est, a été secouée ces derniers mois par une série de violences et d’attentats. Le Kenya a été la cible d’attaques meurtrières depuis qu’il a envoyé en octobre 2011 ses troupes combattre les chabab, liés à Al-Qaida, dans le sud de la Somalie voisine. Les chabab ont revendiqué la plus spectaculaire et meurtrière, l’assaut par un commando du centre commercial Westgate de Nairobi, en septembre 2013, qui a fait au moins soixante-sept morts.

Liban :Les députés libanais se sont retrouvés au Parlement, place de l’Etoile à Beyrouth, à plusieurs reprises courant mai, pour élire un successeur au président Michel Sleiman. Faute d’accord, le pays a basculé dans le vide présidentiel après le 25 mai, date de la fin du mandat de Michel Sleimane. Maintenant que la vacance à la présidence de la République est confirmée, les prérogatives du chef de l’État continuent d’être exercées par le gouvernement. Le Conseil des ministres réuni assure les fonctions du président à titre "intérimaire". Le Liban a déjà connu un scénario de vacance à la présidence en 1988, en pleine guerre civile, et en 2007

Libye :Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la région orientale est régulièrement le théâtre d’attaques et d’assassinats visant l’armée et la police. Les violents combats qui se sont produits vendredi 2 mai au matin dans la ville libyenne de Benghazi entre l’armée et une milice ont fait cinq morts et une dizaine de blessés.
Une source militaire précise que des miliciens ont attaqué le siège de la sécurité de la grande ville de l’est de la Libye. Ils tentaient de récupérer un véhicule chargé d’armes et de minutions qui leur avait été confisqué par la police. Les échanges de coups de feu qui ont suivi ont duré plus d’une heure. Beau résultat de l’intervention occidentale (bis)

Nigeria : Des femmes nigérianes rassemblées samedi 3 mai à Lagos ont annoncé la poursuite de leurs manifestations pour tenter d’obtenir la libération des 223 lycéennes toujours retenues par les islamistes armés du groupe Boko Haram. La police nigériane, sous le feu des critiques des parents des jeunes filles enlevées, a indiqué vendredi que sur les 276 filles enlevées le 14 avril dans le dortoir de leur école à Chibok, dans le nord-est du pays, seules 53 ont pu retrouver la liberté.« Nous les femmes, nous allons maintenir notre mouvement. Nous devons maintenir notre message et la pression sur les autorités militaires et politiques pour qu’elles fassent tout ce qui est en leur pouvoir pour s’assurer que ces filles soient libérées », a déclaré une des organisatrices de la marche à Lagos, Hadiza Bala Usman. Ces femmes, dont certaines sont les mères des jeunes disparues, défileront mardi jusqu’aux bureaux du ministre de la défense et du chef de l’Etat-major.

Norvège :La Norvège a un gros problème de riche : que faire quand on a plus de 600 milliards d’euros à investir ? Presque deux fois le budget de l’Etat français, résultat de l’épargne prudente de sa colossale rente pétrolière. Un problème car, comme beaucoup de riches, la Norvège tient à ménager son image et sa bonne conscience : vertueuse et écologique. Vendredi 4 avril, le gouvernement devait ainsi annoncer, par la bouche de sa ministre des finances, Siv Jensen, présidente du Parti du progrès (populiste), un plan pour que son Fonds du pétrole investisse plus et mieux dans les énergies renouvelables. Depuis quelques semaines, une majorité des députés norvégiens souhaitait déjà que le Fonds cesse complètement d’investir dans le charbon. La première ministre conservatrice, Erna Solberg, avait annoncé dès le 13 mars qu’un groupe de travail examinerait comment cette institution, censée préparer le futur du pays, pourrait participer à la réduction des gaz à effet de serre. Le Fonds pourrait-il ainsi se retirer totalement des compagnies pétrolières et gazières, lui qui en retire toute sa richesse ?

Syrie :Le président sortant Bachar Al-Assad affrontera deux candidats à l’élection présidentielle du 3 juin, qu’il est assuré de remporter.Le Haut Tribunal constitutionnel annonce avoir validé les candidatures de Maher Al-Hajjar, de Hassan Abdellah Al-Nouri et de Bachar Hafez Al-Assad, selon l’ordre de la date des dépôts des candidatures .Originaire d’Alep, la principale ville du nord aujourd’hui divisée entre les rebelles et les forces du régime, Maher Al-Hajjar, né le 22 avril 1968, est un député indépendant qui a longtemps été membre du parti communiste. Hassan Al-Nouri est un homme d’affaires de Damas qui a été membre d’une formation de l’opposition de l’intérieur tolérée par le pouvoir.

Soudan :Des policiers ivres parcourant les rues en titubant et en tirant des coups de feu au hasard. Un garçon de 14 ans atteint par une balle perdue alors qu’il dînait avec sa famille. Deux garçons tués après que les objets qu’ils prenaient pour des jouets explosent. Une jeune fille de 17 ans enceinte enlevée par des miliciens armés, victime d’un viol collectif puis jetée sur la route. Cinq personnes, dont un enfant, qui faisaient la queue à un point d’eau, réduites à néant par les bombes du gouvernement. Razzias de villages par des centaines d’hommes de tribus munis d’armes que leur a fournies le gouvernement. Telle est la réalité de cette région oubliée du monde. Le conflit au Darfour, souvent représenté comme une bataille opposant « nomades et fermiers », « Arabes et Africains », « le gouvernement contre les rebelles », est en réalité une guerre généralisée. Malgré la présence de l’une des plus importantes opérations de maintien de la paix au monde, le Darfour est une zone meurtrière où règne la loi de la jungle.

Thaïlande :Paralysée par une importante vague de contestation politique depuis la dissolution du Parlement en décembre, la Thaïlande a connu son 19e coup d’état depuis 1932....La démocratie est en marche...

Tunisie :Le blogueur Azyz Amami n’est pas seulement un « jeune homme sympathique » de 31 ans, comme l’a dépeint le premier ministre tunisien, Mehdi Jomaa, en présentant, mercredi 14 mai, le bilan de ses cent jours de gouvernement. Azyz Amami est l’une des voix les plus connues qui a émergé lors de la révolution de janvier 2011. Il est en passe de devenir, aussi, le symbole d’une jeunesse frondeuse en butte à des lois répressives héritées du régime de Zine El-Abidine Ben Ali. Interpellé par la police, à Tunis, Azyz Amami a été présenté devant le procureur , pour détention et consommation de « zlata » (cannabis).Des manifestants se sont rassemblés devant le tribunal de grande instance de Tunis pour réclamer leur libération. Leur arrestation avait soulevé une vive émotion et déclenché une campagne d’une rare intensité sur les réseaux sociaux. Le 24 avril, dans une émission de la chaîne Ettounsiya TV, il avait ainsi accusé la police de chercher à inculper des jeunes pour usage de stupéfiants, faute de pouvoir le faire pour vandalisme.

Turquie :Policiers et manifestants se sont à nouveau affrontés, jeudi 1er mai, à Istanbul, un an après l’éclatement de la contestation anti-gouvernementale qui s’était cristallisée autour de la place Taksim. Selon un groupe d’avocats, au moins 138 personnes ont été arrêtées et 51 autres blessées, pour la plupart incommodées par les gaz lacrymogènes. La police anti-émeute a donné l’assaut à l’aide de véhicules équipés de canons à eau et utilisé des gaz pour disperser des manifestants.Les manifestants, des jeunes gens casqués et équipés de masques à oxygène, auraient tenté de forcer des barrages pour atteindre la place devenue emblématique de la contestation contre le gouvernement. Aux tirs de billes en plastique et de grenades lacrymogènes, ils ont riposté par des jets de bouteilles ou de pierres, jouant au chat et à la souris avec les forces de l’ordre dans les petites rues qui mènent à la place Taksim.

Yémen :Depuis le 29 avril, les forces militaires yéménites, épaulées par l’aviation et les unités spéciales, sont engagées dans une opération terrestre de grande envergure contre Al-Qaida dans la péninsule Arabique (AQPA), la franchise locale de la nébuleuse djihadiste, retranchée dans ses fiefs d’Abyan et de Chabwa, deux gouvernorats du sud du pays. Cette offensive « d’une ampleur sans précédent », selon les autorités, a permis la reconquête de plusieurs bastions tenus jusque-là par le groupe terroriste, comme Azzane, la deuxième plus grande ville de la province de Chabwa. Plusieurs dizaines de militaires et d’insurgés auraient été tués, parmi lesquels « des étrangers ».



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