Elections 2022 : Quelles perspectives pour le peuple ?

dimanche 9 janvier 2022
par  ANC
popularité : 40%

D’élection en élection, force est de constater que le peuple se détourne de plus en plus des consultations électorales. Et qu’entend-on de toutes parts ?

C’est la faute à l’individualisme…
C’est le règne du « chacun pour soi » …
Ce serait donc la faute au peuple qui ne comprendrait rien…

C’est un peu vite oublier la responsabilité des politiques au pouvoir qui ont d’autant plus déçu que les espoirs placés en leurs promesses étaient plus grands.

Depuis des décennies l’alternance gauche / droite n’a pas amélioré les conditions de vie et bien au contraire l’emploi s’est dégradé en nombre et en qualité la précarité devenant la règle. Il en est de même pour l’habitat, le pouvoir d’achat et les services publics.

L’exemple le plus criant étant sans doute la santé où la suppression de 100 000 lits en 5 ans et la diminution du nombre de personnels ont abouti à une gestion catastrophique et dictatoriale de la pandémie.

Toutes les décisions politiques prises au plus haut niveau de l’État vont dans le même sens : sous prétexte de crise sanitaire, il s’agit de créer de la dette pour drainer l’argent public et les cotisations sociales vers les grandes banques transnationales, pour le plus grand profit de leurs actionnaires.

Les gouvernements successifs, mis en place au deuxième tour d’élections avec force discours sur le « moins pire » pour ensuite pratiquer le pire à l’encontre des véritables créateurs de richesses, tels la mise sous tutelle du financement de la sécurité sociale, la pression sur les salaires en exonérant de cotisations sociales les entreprises qui versent les salaires les plus bas…

Au niveau international, par la soumission à l’OTAN, ils nous imposent une logique guerrière pour protéger les intérêts des capitalistes occidentaux et procurer des bénéfices au complexe militaro-industriel, et continuent à écraser économiquement et politiquement les pays néo-colonisés.

Pourtant à écouter ou lire nombre de media, ces questions-là ne seraient pas les bonnes et les enjeux électoraux à venir seraient réduits à des questions de personnes et aux seules candidatures à l’élection présidentielle.

Dans le même temps des tractations de toute (contre)nature se font en sous-main pour les législatives qui se transforment en écurie au service d’un seul homme ou d’une seule femme. Ces tripatouillages sont permis par la réduction à 5 ans du mandat présidentiel et le fait que ces élections soient après les présidentielles.

Tous les moyens sont bons pour réduire le « débat » à un pseudo-choix entre l’extrême droite et… la droite extrême...

Pendant ce temps, au cœur d’une gauche qui a déçu et semble loin des préoccupations populaires, les débats semblent plus s’apparenter à une volonté de leadership, sans que la discussion ne laisse réellement entrevoir des propositions, un projet de société qui replace au centre des décisions la réponse aux besoins de toutes celles et tous ceux qui vivent en France de leur travail ou de leur retraite.
Et quand il y a proposition ou esquisse de celles-ci, celui ou celle qui les présente souffre d’un manque de crédibilité soit à cause du manque de lisibilité des moyens soit à cause du poids d’un passé guère dénoncé. Sans parler d’une grande absente des débats : la dictature institutionnelle de l’UE qui s’impose aux peuples.

Dans ces conditions peut-on s’étonner des faibles taux de votants qui ne sont plus des abstentionnistes classiques mais des refus de vote délibérés ?

« Est-ce ainsi que les hommes et les femmes vivent ? »

Il est plus que temps de recréer une dynamique porteuse d’espoir.

D’abord en mettant en œuvre une démarche qui, partout, à l’entreprise comme dans les quartiers populaires et dans la jeunesse, s’appuie sur les luttes des premiers et des premières concernées et les questions qu’elles portent.
Rien ne se fera sans le peuple en mouvement.
Rien ne se fera sans lutte et aucun programme ne sera tenu s’il ne s’appuie pas d’abord sur cela.

Aucune proposition ne peut être porteuse d’espoir si elle ne s’appuie pas sur des revendications concrètes.

Aucune proposition ne peut être porteuse d’espoir si elle ne porte pas un avenir et une indépendance industrielles en investissant sur les normes environnementales, tel que proposé par les travailleurs de la centrale de Gardanne ou de la sidérurgie de Fos sur mer, tel que mis en œuvre avec succès malgré un environnement capitaliste hostile par les salariés de la SCOP-TI.
Tel que le revendiquent les salariés de l’énergie, de la grande distribution ou de la chimie partout en France.

Aucune proposition ne peut être porteuse d’espoir si elle ne s’appuie pas sur l’exigence de liberté, la fin des discriminations et des violences policières contre « le peuple d’en bas ».

Aucune proposition ne peut être porteuse d’espoir si elle ne s’appuie pas sur des échanges internationaux mutuellement intéressants pour les peuples, garantissant un développement harmonieux partout sur la planète.

Pour cela l’ANC de France voudrait bien pouvoir soutenir un programme qui permette réellement ce progrès, en rupture totale avec toutes les pseudo-solutions qui n’ont eu d’autre conséquence que d’aggraver l’écart entre les quelques plus riches et l’immense majorité de la population mondiale.

Nous soutiendrons un programme issu des luttes de l’entreprise au quartier et qui s’affranchisse clairement du capital en traçant la voie d’une rupture avec le capitalisme et les diktats de son fidèle serviteur qu’est l’Union Européenne à l’intérieur de laquelle aucune émancipation n’est possible.

  • Un programme qui sur le plan international prévoie la sortie de l’OTAN, d’en finir avec le pillage de l’Afrique tant par la dette, que par le franc CFA devenu ECO tant enfin que par le pillage des matières premières et la présence militaire pour assurer celui-ci. En un mot un engagement de bâtir des relations internationales mutuellement avantageuses.
  • Un programme qui sur le plan national aurait comme perspective la souveraineté nationale et populaire pour en finir avec la loi du propriétaire qui assure à une infime minorité de tout décider. Pour cela il faut ne pas prendre de demi-mesures mais se prononcer concrètement pour : la nationalisation des grandes entreprises et de la grande distribution, le développement des services publics, une assurance chômage assurant un salaire de remplacement pour toutes personnes privées d’emploi, l’augmentation, l’échelle mobile des salaires et limite de la hiérarchie de 1 à 5 en partant d’un SMIC à 2000€, la construction et la réhabilitation des millions de logements dont le pays a besoin en faisant des populations, les actrices de ce changement national nécessaire, l’intégration décente des sans-papiers dans la nation française.
  • Un programme qui prévoie une refonte complète de la fiscalité, d’aller vers la suppression de la TVA et de supprimer toute possibilité d’évasion fiscale, le retour à la souveraineté monétaire et la nationalisation de tout le secteur bancaire.
  • Un programme qui donne à la sécurité sociale toute son efficacité en supprimant les exonérations et en confiant la gestion à des salarié-e-s élu-e-s puisqu’il s’agit de l’argent de leur salaire socialisé.

L’ANC, n’accepte pas que des millions de citoyennes et de citoyens ne voyant pas d’issue dans les processus électoraux actuels se sentent privés d’expression électorale par celles et ceux qui ne les entendent pas ou pire les stigmatisent et les méprisent.

L’ANC, qui par le passé a écrit aux formations politiques que nous considérons être de notre camp, celles que l’on voit dans les luttes et qui s’apprête à le refaire, est prête à soutenir les candidatures porteuses de cette démarche et de ces éléments de programme et dont le premier mot, les principaux efforts porteraient sur l’aide au démarrage et sur le soutien des luttes des salariés avec ou sans emploi, de la jeunesse avec ou sans fac, de la population des quartiers populaires, de toutes celles et ceux en proie aux discriminations de tous ordres non pas pour parler à leur place mais pour que celles et ceux qui souffrent le plus de la société actuelle soient au premier rang des responsabilités, soient les candidates et les candidats des luttes et chargés de conduire le changement de société.

À chaque membre de l’ANC et celles et ceux qui nous font confiance de se déterminer pour son attitude à partir de ce qui précède. Il va de soi aussi pour l’ANC que le refus de vote est d’abord un acte de désespérance que l’on ne saurait encourager même si on peut le comprendre dans la situation actuelle avec une droite et son extrême plus fortes que jamais dans le pays.

Courrier envoyé aux candidates et candidats aux élections 2022

CH



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