Une tentative de falsifier la vérité historique.

mardi 24 janvier 2012
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Le 13 juillet 2010, la Cour d’Appel de Limoges, saisie par deux petits-enfants de Louis Renault (sur huit), condamne le « Centre de la mémoire » d’Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne) à payer 2.000 euros aux plaignants. Elle exige également que soit retirée de l’exposition permanente en place depuis 1999 une photo de l’industriel, le montrant avec Hitler et Göring, au salon de l’auto de Berlin de 1939. Et cet arrêt exclue même la notion de « collaboration » ainsi que « la fabrication des chars pour la Wehrmacht ».

Forts de cette victoire, les héritiers ne vont pas en rester là. Ils demandent non seulement la réhabilitation de leur grand-père, mais exigent des millions d’€ en guise d’indemnité. Indemnité qui sera à la charge de l’État, donc de nous !

Ainsi se précise une vaste entreprise de réhabilitation de Louis Renault, et avec lui, du haut patronat français sous l’Occupation.

Tout le monde connaît l’empire industriel fondé par Louis Renault. On peut aussi se souvenir qu’entre 1914 et 1918 ses usines participèrent efficacement à l’effort de guerre. Il faut dire que l’Union sacrée conclue pendant cette guerre entre la bourgeoisie française et les dirigeants du mouvement ouvrier (de la CGT et du Parti socialiste) constitue sans doute une des premières démonstrations caractéristiques du rôle de la bureaucratie « ouvrière » comme force d’encadrement du prolétariat pour assurer la production de guerre et envoyer les travailleurs à la boucherie.

« Plutôt Hitler que le front populaire ! »

Mais on connaît moins la réalité politique et sociale de Monsieur Louis Renault avant et pendant la dernière guerre. Avant le 10 mai 1940, Louis Renault se livre à une guerre sans merci contre les syndicalistes et les communistes, et pas seulement dans ses propres usines. Pour cela il finance des ligues factieuses comme « la Cagoule » dont le but affirmé est la liquidation pure et simple de la République. D’un autre côté, il préfère fabriquer des véhicules de tourisme plutôt que des blindés comme le lui demande le gouvernement et prône l’entente franco-allemande entre gens de bonne volonté...

À partir de documents historiques incontestables, l’historienne Annie Lacroix-Riz, affirme que dès l’automne 1940 des accords sont conclus avec le Reich et les Établissements Renault à Billancourt. Ces derniers travaillent jour et nuit pour les Allemands, fabriquant des automobiles et du matériel blindé. La guerre contre l’URSS va même porter à son comble la « collaboration de l’industrie automobile française aux programmes de guerre allemands ». Cette situation est décrite par le menu aux services de renseignements gaullistes de Londres par une foule d’informateurs français (communistes ?). Ces rapports sont clairs, « Renault -voitures de tourisme, camions, tanks- » est recensé en tête d’une liste d’entreprises « travaillant pour les Allemands », et cela ne variera guère jusqu’à la Libération de Paris.

Les nationalisations

Après la Libération, la France connaît une importante vague de nationalisations.

C’est le 16 janvier 1945, qu’une ordonnance est publiée dans le Journal Officiel, annonçant la dissolution de la Société anonyme des usines Renault Frères à Billancourt. Celle-ci est liquidée, son actif et son passif sont attribués à l’État. La nouvelle entreprise prend le nom de "Régie nationale des usines Renault". Il s’agit d’une nationalisation sanction. Louis Renault est inculpé pour sa collaboration avec l’Allemagne et emprisonné. Il meurt cette même année.

Pourtant de 1945 à 1950, la justice, largement inféodée à Pétain pendant la guerre, décide d’empêcher par tous les moyens l’épuration décidée par les autorités gaullistes. Ainsi, Papon est sauvé en toute connaissance de cause, comme le sont les grands commis de l’État de Vichy, les grands industriels (Citroën, Loréal...) et les banquiers, bien entendu.

Pour l’instant, mercredi 11 janvier les héritiers du constructeur automobile Renault viennent de perdre leur action engagée devant un tribunal de Paris. Jusqu’à quand ?

Pour en savoir plus : le site de l’historienne Annie Lacroix-Riz

Jean Pénichon



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