Rue d’Aubagne : ça devait arriver...

mardi 6 novembre 2018
par  Charles Hoareau
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Il y a déjà 11 ans que Farouk, locataire au 29 rue d’Aubagne, est mort suite à l’écroulement de la rambarde du palier du 5e étage de son immeuble.

Onze ans déjà que le comité chômeurs exhibait un rapport alarmant de la préfecture...sans aucune réaction des pouvoirs publics.

Onze ans déjà qu’ici dans ces colonnes nous interrogions les pouvoirs publics, mairie et état, sur les documents officiels des services de la préfecture au sujet des travaux d’utilité publique à effectuer "de toute urgence" au 29 rue d’Aubagne mais aussi plus largement dans la grande majorité des immeubles de cette rue.

Onze ans et rien n’a été fait dans cette rue pourtant inscrite dans les fameux PRI (les périmètres de restauration immobilière) destinée en principe à la restauration et qui n’ont servi qu’à la spéculation immobilière.

Onze ans que Dominique Carpentier, un lecteur de rouge midi nous envoyait un article qui se terminait par : « Des dizaines d’immeubles sont ainsi laissés à l’abandon pour le plus grand désarroi des habitants. Le PRI semble en panne alors que de nombreux immeubles se dégradent, prémices de nouveaux drames. La Préfecture des Bouches du Rhône doit se prononcer le jeudi 22 février 2007 sur la fermeture de l’immeuble et des solutions de relogement pour les habitants du 29 rue d’Aubagne. Il aura fallu un mort pour qu’une telle décision soit prise (en espérant que les solutions de relogement correspondront aux voeux des habitants).

Mais combien faudra-t-il de victimes pour qu’enfin un véritable plan d’éradication du logement indigne, accompagné de véritables solutions de relogement dans le centre ville pour les populations les plus fragiles, soit mis en place. Habitants de Noailles, nous sommes en danger. Nous en avons assez de verser des larmes. Alors que la question du logement semble agiter les milieux politiques en cette période électorale, nous exigeons de pouvoir vivre dignement dans nos quartiers. »

Article prémonitoire tout autant que les propos de Zoher, le plombier qui était intervenu à l’UL CGT Marseille centre et qui nous avait dit : " C’est arrivé à lui mais ça aurait pu arriver à n’importe lequel d’entre nous. Un jour ce sont les immeubles qui vont s’effondrer et nous on sera dessous"...

Onze ans et je repense au combat des camarades du comité chômeurs de l’époque et en particulier à Dominique qui avait son local dans la rue.

Onze ans et même plus si on en juge par les rapports et enquêtes publiées dès la fin des années 1990 et début 2000 et dont nous n’avions eu connaissance que bien plus tard.

Depuis onze ans la mairie a refait le dallage du Vieux Port, a fait creuser un tunnel à péage hors de prix, a permis l’émergence de tours de prestige le long des quais, a favorisé des opérations immobilières sources de placements pour des gens fortunés...et n’a rien fait pour le quartier Noailles où finit la rue d’Aubagne où les immeubles sont encore plus vétustes et où les marchands de sommeil n’ont jamais eu la vie aussi belle...

Onze ans et Gaudin accuse la pluie...

Onze ans et on peut simplement espérer, dans la vétusté grandissante, alors qu’à cette heure s’effectuent encore la recherche et le comptage macabre des morts, que la colère soit intacte et avec elle l’exigence d’imposer à la mairie la mise en oeuvre de véritables solutions.



Commentaires

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mercredi 7 novembre 2018 à 15h44 - par  Chantal

Et à très exactement 600m, la ville saccage à grands frais la place Jean Jaurès dite « La Plaine »... Que les colères se joignent, pour former un grand fleuve !!!

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